La Couleur des sentiments - Kathryn Stockett (Etats-Unis)

Publié le par Mack

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Participation au Book Club d'août de Livraddict.com.

Participation au challenge Destins de femmes.

Participation au challenge Monde livreque.

 

Résumé :

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.
Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

 

Chronique :

Voilà ce qu'on appelle un vrai succès de librairie ! Premier roman publié en France à la rentrée 2010 (et j'y vois un bon présage puisqu'à la même époque, je commençais ma formation de libraire !), ce livre a depuis été vendu à des centaines de milliers d'exemplaires, adapté au cinéma et surtout, n'est toujours pas sorti en poche ! Et tout ça, quasiment sans promotion et édité par une illustre inconnue.

Ma rencontre avec ce livre date bien du temps de sa sortie : je devais choisir des textes de la rentrée littéraire pour mes cours et celui-ci m'avait tapé dans l'oeil. Mais vu le volume et le prix du pavé, ça ne collait pas très bien avec mes disponibilités. Je ne l'ai donc pas lu. Et il a continué de me faire les yeux doux. De plus en plus, à mesure que son succès s'affirmait. Et puis, un jour, il est sorti au cinéma et je n'aime pas trop voir les adaptations avant d'avoir lu le livre d'origine ! Je l'ai donc commencé et, contre toute attente, dévoré ! Mais, trop tard, le film (qui a bénéficié d'encore moins de promo que le livre) n'était déjà plus à l'affiche dans la province où je me trouvais exilée. Bref, je n'ai pas encore vu le film (que j'ai en DVD) mais j'ai adoré le livre !

"Et pourquoi ?" me direz-vous ?

Et bien il y a de nombreuses raisons.

Tout d'abord, le thème. On a vu/lu d'autres oeuvres sur la ségrégation ou le racisme, à travers les époques et les pays, mais l'éclairage est rarement identique. Et justement, j'avais un peu peur de l'approche de Kathryn STOCKETT, j'avais peur d'un côté "fifille", un peu cucul... Mais non ! On a affaire à une Skeeter intelligente, tolérante et en avance sur son temps. Touchante d'une forme de naïveté combattante.

On est touché, triste, ému, heureux pour et par les personnages, c'est l'une des forces du thème, mais aussi du style.

Car je me rend compte que j'apprécie de plus en plus les récits que j'appellerai "à plusieurs voix". Vous savez, ces textes où chaque personnage est un chapitre ou réciproquement ?

Je découvre toute la force que cette approche peut apporter à un développement. On n'est plus un personnage, on n'a plus un regard unique mais sans passion (comme ce que peut apporter un narrateur externe), on est et vit chaque intervenant, éclairant le récit de sa vue et de ces émotions. Le texte n'est plus aussi linéaire, voire monotone ou monocorde.

Concernant à la fois le thème et le style, pour revenir à ma peur du traitement, j'ai trouvé très approprié de s'attarder sur les "petites choses" que sont, bien sur, les objets ou les lieux sans importance mais aussi, le personnel de maison. En effet, on a lu le combat de Martin Luther KING, en chaire devant des milliers de personnes, celui de Rosa PARKS dans les transports et les lieux publics, mais qui s'est intéressé aux femmes de chambre qui ont élevées des petits blancs, aux jardiniers, aux bonnes, dans l'intimité de leurs maîtres, autorisées à manipuler linge et vaisselle pour les laver mais pas même à lever les yeux sur leurs patrons par accident ? Qui s'est demandé comment ces hommes et femmes allaient aux toilettes durant leurs longues journées de labeur ? C'est insignifiant. C'est percutant.

En résumé, le seul bémol pour moi pourrait être les digressions sur la vie amoureuse de Skeeter. Mais même ces passages là nous permettent de connaître la mère, les "amies" et surtout, le poids social reposant sur les femmes de l'époque.

En bref, un très bon roman, un coup de coeur des sorties 2010. J'attends maintenant le film, parait-il très bon, mais surtout, j'attends de voir si Kathryn STOCKETT saura confirmer un prochain ouvrage (celui-ci lui ayant déjà pris 5 ans d'écriture) ou si, à l'instar d'Alain-Fournier et de son Grand Meaulnes, elle ne sera la femme que d'un chef-d'oeuvre !


A venir :

Sors de ce corps, William ! de David SAFFIER

Publié dans Book Club

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